Un jour, une rivière

Au début je voulais appeler cet article "Trois jours à Trois-Rivières" et résumer mes trois journées dans la troisième plus grosse ville de la province du Québec, mais l'article était vachement trop long, et ce titre là m'a fait marrer alors je l'ai mis.


Samedi 10 mars 

8 heures, le réveil sonne ! Eh oui, hier une coloc' qui répond au nom de Gwen et son chéri, Romain, m'ont  proposé de me déposer à Trois-Rivières parce que c'était plus ou moins sur leur route: ils allaient à Chicoutimi, une petite ville un peu plus au nord. Cool ! Par contre il fallait se lever tôt. Moins cool.
HAAAA en plus j'ai pas préparé mon sac ni rien! Allez on va faire simple, je prend un pantalon, un pull, et c'est parti. Hmmm c'est si bon d'avoir un sac tout léger.

À 11h30 on est déjà arrivé dans le centre de Trois-Rivières, on se pose le temps d'un café et le petit couple reprend la route. Me voila tout seul dans ce qui semble être une grosse ville mais en miniature. Des rues très larges, des bâtiments plutôt modernes, des quartiers résidentiels qui s'étendent loin autour du centre ville... mais la taille de la ville est plutôt celle d'un village, avec tout de même 130 mille habitants cela dit. Située à mi chemin entre Montréal et Québec, on dit de cette ville que c'est la plus ancienne de la province après Québec. Elle a été reconstruite après avoir été ravagée par un incendie il y a à peu près cent ans, ce qui explique pourquoi elle à l'air si moderne et bien organisée.


Quelques maisons colorées du centre ville

L'auberge de jeunesse de la ville (Y'en a qu'une) est fermée jusqu'à 16h, donc j'en profite pour explorer la ville. Les rues se ressemblent toutes beaucoup, il y a ces maisons en cube et colorées, des rues assez larges, quelques magasins ou restaurants, et bien sûr des églises un peu partout. Les églises sont jolies, mais je ne les ai pas photographiées, j'en ai marre des photos d'églises. Cela dit c'est agréable de se balader dans cette ville, c'est si calme que parfois on entend que le bruit de mes pas dans la neige qui fond sur les trottoirs. Je me dirige vers le St Laurent, le temps d'une courte promenade le long des quais et je retourne à l'auberge. 




Une fois arrivé, un type de la ville me taxe une clope donc j'en fume une avec lui pendant qu'il me raconte des tas de trucs sur le Canada, des expressions québécoises etc... j'ai appris comme ça que leurs Belges à eux sont les habitants de Newfoundland (vachement original le nom haha), une grosse île un peu plus à l'est, qu'ils appellent les Newfies. Et ils ont les mêmes blagues pour les ces Newfies que nous pour les Belges. Les mêmes blagues. 
Ha! Quelqu'un ouvre l'auberge, je laisse donc mon copain Trifluvien (c'est comme ça qu'on appelle les habitants d'ici) et me rend dans mon dortoir pour enfin poser mes affaires. C'est en constatant que j'étais seul dans le dortoir que j'ai commencé à me dire que les auberges au mois de mars, si c'est pas dans une grosse ville bha c'est pas génial pour rencontrer des gens.
Une promenade digestive nocturne et je rentre me coucher dans mon dortoir tout vide. 



Guess who's back

Vendredi 9 mars 

Aujourd'hui...  Oui, en fait je n'ai absolument aucun retard sur mon journal de bord, c'est juste que ça met à peu près 10 jours à s'actualiser, c'est tout.
Donc... Aujourd'hui je me repose à Ottawa, en compagnie d'Arthur et ses colocs, Naré et Félix. Des journées repos il en faut, c'est crevant de voyager, vous savez?

J'en profite pour organiser un peu la suite des événements, choisir les villes où faire étape, calculer le budget et voir ce que je peux faire avec le temps qu'il me reste. La journée a défilé à une vitesse folle et il était déjà 19h quand j'ai décidé de partir passer la nuit à Montréal.
Rester une nuit de plus à Ottawa c'est perdre une journée complète, parce que je dois absolument faire étape à Montréal. Pas pour voir mes colocs, non, m'en fout d'eux (ça va calmos, je blague boloss) , c'est surtout parce que je DOIS changer de sac. Le sac que j'utilise actuellement est beaucoup trop gros et surtout bien trop lourd, et je sais que Pierre m'avait proposé le sien qui était plus petit mais surement suffisant pour ce voyage.

Je prends donc le bus jusqu'à Montréal, puis je me rend dans mon ancienne colocation le sourire aux lèvres où je retrouve avec plaisir mes colocs avec qui je passe une soirée dont je me souviendrai.
On fait la fête, on picole, on s'amuse... c'est vendredi soir quoi.

Journée grise à Toronto

Jeudi 8 mars 

Il y a quelques jours, quand j'étais à Niagara, j'ai contacté quelqu'un qui proposait des places dans un mini-van pour faire le trajet Toronto-Ottawa pour deux fois moins cher que le bus. Le covoiturage marche très bien ici, et c'est un bon compromis entre le bus et le pouce ( l'auto-stop): moins cher que le bus et moins chiant que le pouce. Et puis ça fait un peu de concurrence aux compagnies de bus qui ne se privent pas de vendre leurs tickets à prix monstrueux.
Du coup aujourd'hui c'est ma dernière journée à Toronto, et ce soir je commencerai à retourner sur mes pas jusqu'à Montréal, après quoi je me dirigerai vers les provinces maritimes du Canada en suivant le cours du St Laurent. Le ciel de Toronto est d'ailleurs inconsolable de me voir partir, la preuve: il pleut.

Je trouve que certaines villes sont belles et agréables à visiter qu'il fasse beau ou non, par temps clair, sous un brouillard, sous la neige ou la pluie. Et bien Toronto ne fait pas partie de ces villes là.

Enfin bon, on s'était dit avec Arthur qu'aujourd'hui on irait visiter les quartiers qu'on ne connaissait pas encore alors on est quand même sorti malgré le temps dégueu. On part de l'auberge en fin de matinée, direction Chinatown qu'on traverse pour la n-ième fois ( même si je ne l'ai jamais mentionné haha ) pour arriver dans le quartier Kensington Market, un des plus connus à Toronto et dont on avait pas mal entendu parler. C'est surement dû au temps pourri mais on a pas franchement trouvé ça foufou. Plutôt moche même ( ouai, moche, carrément!) donc j'ai pas pris de photo, na!
Allez on continue notre route, et on arrive dans Little Italy. Je m'attendais pas non plus à voir des gangsters de partout et des spaghettis sur le trottoir, mais là à part les panneaux de rues en vert-blanc-rouge, c'était pas bien différent de n'importe quel quartier de la ville en fait.

Un peu plus loin on aperçoit les imposants bâtiments de l'Université de Toronto, alors on décide de partir dans cette direction pour voir ça de plus près. Le campus est vraiment énorme, des parcs de partout, des bâtiments colossaux à l'air de châteaux, et tout ça en plein centre ville.

L'entrée principale de l'Université

La plupart des classements d'universités la placent dans le top 30 mondial et souvent 1ère au Canada, ça rigole pas.

Il est déjà l'heure de partir, on retourne à l'auberge récupérer nos sacs (hmmm quel plaisir ), puis on prend le métro jusqu'à Sheppard Station, où on retrouve notre chauffeur et les autres passagers. 5 heures de route sous une neige qui tombe à l'horizontale et nous voilà dans le centre d'Ottawa !


***

J'ai pas franchement kiffé cette journée, un peu déçu par ce qu'on a vu, et puis la pluie ça me réussit pas haha ! Mais même si j'ai fini cette première semaine de voyage sur une note plutôt négative, j'ai vraiment aimé la ville de Toronto, comme un petit Montréal, où les quartiers ont leur atmosphère propre et regorgent de petits coins sympas. Ce sera très certainement la dernière ville à gratte-ciels que je visiterai pendant mon voyage, a moi les villes et villages à taille humaine que j'ai hâte de retrouver, mine de rien. 

Cette étape à Ottawa marque aussi la fin du voyage en groupe puisque je laisse Arthur ici ( faut bien qu'il aille en cours haha ). C'était vraiment sympa de voyager à plusieurs, mais j'ai aussi hâte d'être en solo, c'est plus simple pour voyager et pour faire des rencontres. Et puis j'aime bien le voyage en solitaire. 

Back on trek

Mercredi 7 mars

Nous revoilà à Toronto, Arthur et moi, ville qu'on avait visité très rapidement il y a quelques jours en mode gros touristes, mais qui a encore pas mal de jolis coins à offrir quand on s'éloigne un peu de l'effervescence du centre ville.
Un petit déj' bien solide avec les pancakes bourratifs de l'auberge, ça sera pas de trop vu la journée qui nous attend ! Au moment de sortir, prêts à affronter le -5°C venteux habituel, on se rend compte qu'il fait pas loin de 10 degrés dehors... Wouhouhouuu ! On laisse les manteaux à l'auberge et on est partis!

Direction le vieux Toronto par King's Street, à l'autre bout de la ville, où on se balade dans des quartiers de taille humaine ( ça change du centre ville ) mais pas plus charmants que ça. Alors bien sur, on croise quelques monuments sur la route, des églises la plupart du temps, ou des marchés, mais on est loin de l'image qu'un européen se fait d'une "vieille ville". Enfin on a quand même pu marcher dans les rues piétonnes (c'est assez rare ici)  du Distillery District, un quartier classé au patrimoine historique du Canada, oui môssieur. On déconne pas avec la fabrication d'alcool ici.

Une place du Distillery District

On retourne sur nos pas, direction le St Lawrence market pour aller manger un bout, parce que la marche ça creuse, et on continue notre route jusqu'aux quais du centre ville pour chopper un ferry qui nous débarquera sur les Îles de Toronto.


La grosse ville fait maintenant partie du décor

Nous voilà sur une des îles après quelques minutes de traversée. Haaaa la nature, des arbres, des parcs, des plages... les îles sont reliées entre elles par des ponts, habitées par quelques chanceux qui profitent de la tranquillité de l'endroit à 10 minutes seulement de Toronto et dans un cadre plus agréable à mon avis que la jungle urbaine... enfin pour les week-end, pas pour y vivre toute la semaine ! Parce que les îles, on en fait le tour en quelques heures, et y'a quasiment personne ici donc on doit vite s'ennuyer. Mais c'est reposant, sympa pour une balade et surtout avec le temps qu'il fait aujourd'hui.


Des maisons au bord de mer

On parcourt les îles principales, toutes aussi calmes les unes que les autres ( pas de voitures ici ! ), et parfois si vides qu'elles en deviennent flippantes. On se croirait presque dans un de ces films glauques qui se passent dans des villages perdus que les habitants encore sains d'esprit on fui comme la peste, laissant derrière eux une ville fantôme habitée par des espèces de cannibales dégénérés.

Surtout quand on traverse le parc d'attraction abandonné pour l'hiver.

Ou quand on se rend compte que quelqu'un a écrit " HELP" sur le sable de la plage.


Mais à qui appartient ce bateau? 

Une fois notre soif de verdure apaisante satisfaite, tout comme nos instincts de chasseurs dont ont été victimes canards, oies et autre bestioles qui trainaient là, nous repartons prendre notre ferry direction le centre ville pour aller reposer nos jambes courbaturées dans un canapé confortable de l'auberge. 
Comment ça "grosses feignasses" ? 

Une dernière sortie pour aller manger dans un resto vietnamien ( on aime ça héhé ) dont Arthur gardera un souvenir amer et après quoi il se rappellera que le "prawn" est une sorte de grosse crevette et non pas une viande au nom mystérieux. 


Les chûtes du Niagara

Oula, déjà une semaine de retard sur le blog (non, je ne suis pas tombé dans les chûtes lundi soir)... allez je profite du temps pourri à Québec pour rattraper tout ça !


Mardi 6 mars 


Le trek urbain de la veille était pas mal crevant, alors on s'accorde une grasse mat' aujourd'hui. Et puis à Niagara en un seul jour à part les chûtes on pas le temps de voir grand chose, donc paradoxalement on a du temps à perdre ( hmmmouai? ).

On se réveille tranquillement sur le coup des 11h donc, on fait le plein de fruits au petit déj' ( ça nous change des burgers / pizzas / sandwitch quotidiens), après quoi on se dirige vers les chûtes qui sont certainement les plus connues à travers le monde. La bonne nouvelle c'est qu'on est en mars, du coup on se bouscule vachement moins qu'en plein été pour admirer le décor !

Les fameuses chûtes


Petite balade le long des chûtes, on les prend en photo sous tous les angles possibles et pour cause, c'est magnifique. Par contre c'est dommage que les alentours n'aient pas été mieux protégés du coté Canadien, sans la ville parc-d'attractions ça aurait été parfait.
Le débit d'eau est vraiment impressionnant, tout comme la largeur des chûtes.
Il est déjà arrivé que des fous plongent dans ces chûtes, à bord de kayaks, dans des tonneaux ( true story) ou même sans équipements, et rares ont été les survivants.

A vos marques, prêts, plongez !

Allez, déjà 13h30: on remonte dans la ville Disney manger un bout, puis Quentin en Inès repartent vers Toronto où une voiture les attendra dans la soirée pour retourner sur Ottawa. Arthur et moi préférons rester un peu plus à Niagara, pas pour voir quelque chose en particulier, surtout parce qu'on a envie de prendre notre temps en fait.
Du coup c'est ici que nos chemins se séparent. Hé bien j'ai apprécié la compagnie de Quentin et Inès pour ces quelques jours, des gens vraiment sympas, que je reverrais avec plaisir.


Une petite photo de groupe pour la route


Retour à l'auberge avec Arthur, on s'occupe pendant une heure puis on se dirige vers la gare des bus de la ville ( sans se perdre ! ) pour chopper celui de 16h30. Une fois arrivés à Toronto, on se rend dans une chouette auberge au centre ville ( on a réservé cette fois, parce qu'on est des gens super organisés tavu) où l'ambiance est chaleureuse et confortable. Notre anglais est soumis à rude épreuve quand on tente de dialoguer avec Mike, un irlandais bourré, mais on s'en sort et ça donne une conversation plutôt marrante!

Trek urbain à Toronto


Lundi 5 mars 

Ce matin notre petit groupe se divise en deux: Quentin et Inès partent visiter Little Italy, Kensington Market et l'immense université de Toronto tandis qu'Arthur et moi préférons profiter du temps magnifique pour grimper en haut de la CN Tower puis arpenter les rues du centre ville. 

On est donc parti au hasard des rues, à l'ombre des gigantesques buildings du Financial District, en direction de la Tour Nationale du Canada ( aussi appelée la Tour à touristes) qui se voit de loin du haut de ses 553,3 mètres. 
Rendus à l'entrée du bâtiment, on achète les tickets super chers, on pleure, on passe la porte de sécurité, ça sonne, j'ouvre mon sac de 20 kilos, je sors mon couteau corse, le mec me dit que j'peux passer, je re-range mon sac, je re-pleure. Bref, on m'a pris pour Dumè le Corse. 

On a pu monter jusqu'à une plateforme qui se situe à environ 350 mètres de hauteur, et profiter de la vue à 360 degrés sur la ville, ou encore se faire peur en passant sur le plancher transparent. 

Vue sur la ville depuis la CN Tower

Après avoir mitraillé la ville de photos pour se donner l'impression d'avoir rentabilisé le truc, on redescend en direction de Downtown tout en papillonnant d'un monument à l'autre dans la ville. On traverse d'énormes centres commerciaux, des jardins, des jolies places coincées entre les gratte-ciels... sans oublier de manger un bout, se poser et profiter du moment.

Patinoire devant le New City Hall 

 L'après midi est déjà bien avancé quand on retourne vers le quartier des affaires pour retrouver Quentin et Inès. On retourne sur la rue Dundas prendre un café au Tim Hortons, et il est déjà 19h... L'heure de prendre nos tickets de bus pour... Niagara!

Yonge Street, au centre ville

Ha oui, j'en ai pas encore parlé, mais comme les auberges étaient encore complètes ce soir, on a décidé de partir directement pour les Chûtes du Niagara et passer la nuit là bas.
Deux heures de bus plus tard, il est 21h30 et on est arrivés à la gare des bus de la ville de Niagara, au milieu de nul part, donc. Il fait nuit, il fait froid, et on est à trois quarts d'heure de notre auberge à pied avec les sacs sur le dos... On s'en fout on est à Niagara !!
On traverse une ville tout droit sortie d'un western spaghetti avant d'arriver dans une sorte de disneyland desert, qui doit très certainement être blindée de gringos pendant l'été. Encore quelques mètres et nous voila dans l'auberge de Patrick, qui ne pouvait pas être plus fier d'avoir son nom dans le Routard. Un personnage très sympathique, moulin à parole qui partage tous les bons plans de la ville avec nous.

Déjà 22h30 ! On pose les sacs, et on fonce vers les fameuses chûtes du Niagara pour les voir de nuit... Mais on arrive trop tard, les lumières sont déjà éteintes du coup on y voit pas grand chose.
Ce sera pour demain !

The inn is full, sorry

Dimanche 4 mars


9h du matin, le réveil sonne! Je me lève une demi-heure plus tard ( maudite touche snooze) et me prépare en vitesse pour chopper le bus de 11h qui nous mènera, Arthur Quentin Inès et moi vers Toronto.
Presque six heures plus tard, il fait déjà bientôt nuit quand on arrive dans la capitale d'Ontario, fatigués du voyage et la faim au ventre. On casse la croûte dans un fast food sur Dundas street avant de se lancer à la recherche d'un logement pour le soir.

Toronto étant la plus grosse ville du Canada, on s'est dit qu'on trouverait une auberge assez facilement, à l'aide du Routard où bien en marchant au hasard des grandes rues de la ville.

Et bien on a eu tort.

Il se trouve qu'on est arrivé la veille d'un match de basket qui opposait les Toronto Raptors aux Golden State Warriors, ce qui explique à mon avis pourquoi les auberges de jeunesse aussi bien que les hôtels ont été pris d'assaut.
Après quelques trois heures de marche, sac sur le dos, et pas mal de coups de fil, on fini par atterrir au Super 8, un hôtel plutôt chic dans le quartier chinois, à défaut d'avoir trouvé des lits en auberge.
Le mec de l'accueil nous offre un rabais sur le prix de la chambre pour 4 personnes, sympa. Il est déjà 20h passées, on n'a pas la force de bouger dans la ville ce soir, du coup on se fait livrer un vietnamien qu'on mange devant les expériences étranges de discovery channel…